L’exécution des décisions de justice

Si la partie adverse ne répond pas ou refuse de s'exécuter, il est possible, en cas de possession d'un titre exécutoire, d’une décision de justice devenue définitive, de s'adresser à un huissier de justice qui seul peut mettre en œuvre l'exécution forcée de la décision de justice.

Dans ce contexte, la loi donne à l’huissier de justice le monopole des voies d’exécution nécessaires au recouvrement forcé de votre créance.

Ainsi, l’huissier peut :

  • pratiquer des saisies de meubles, des saisies de véhicule, des saisies auprès de tiers.
  • prendre pour vous une hypothèque judiciaire.

La loi donne également à l’huissier de justice le monopole des voies d’exécution nécessaires à l’expulsion de votre locataire occupant sans droit ni titre.

Il peut mettre en œuvre des mesures conservatoires propres à garantir votre créance.

Le cas particulier de l’exécution au Grand-Duché de Luxembourg, de décisions rendues à l’étranger :

Lorsqu'il s'agit d'un jugement qui doit être exécuté sur le territoire national où il a été rendu, la question est simple, car ledit jugement relève du droit national.

L'affaire se complique quand il s'agit de l'exécution d'un jugement étranger.

Dans ce contexte, les Etats membres ont uniformisé la procédure de l'exequatur, par la Convention de Bruxelles du 27 septembre 1968 et le règlement communautaire 44/2001 du 22 décembre 2000 qui s'applique depuis le 1er mars 2002 à toutes les actions intentées à partir de cette date, à l'exception de celles ayant trait au Danemark, auquel s'applique toujours la convention de Bruxelles 1968.

Par procédure de l'exequatur, en Europe, le demandeur obtient une décision qui rend exécutoire sur le territoire national un jugement ou un acte étranger.

Cette procédure comprend une seule étape, celle du dépôt d'une requête qui doit être présentée à la juridiction compétente dans l'Etat de la partie condamnée.

Une fois que la demande est accueillie, la décision étrangère pourra être exécutée.

Il faut encore préciser que le règlement 805/2004 du 21 avril 2004 prévoit la suppression de l'exequatur pour les décisions de justice relatives à des créances incontestées.

Ce règlement prévoit la délivrance d'un certificat de titre exécutoire européen uniformisé, ce qui signifie que la décision rendue dans un Etat membre est reconnue et exécutée dans les autres Etats membres, sans qu'une procédure d'exequatur soit nécessaire.

Dans le cas d'une créance incontestée, le demandeur a le choix entre bénéficier des nouvelles dispositions ou de procéder de manière classique à l'exequatur de la décision rendue en sa faveur.